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dimanche 26 janvier 2014

Inspiration- Le bilan de la semaine

Une semaine 100% culturelle!

Je suis allée au cinéma voir...



Un film percutant qui nous laisse soufflés.
Les rôles principaux sont tenus par de jeunes adolescents déscolarisés et issus de familles très modestes, où le chaos règne et chez qui on exprime ses sentiments par la violence et les cris.
L'action se passe dans le Nord de l'Angleterre, on en a la confirmation dès les premiers dialogues avec cet accent tellement particulier qu'il nous donne l'impression qu'on ne comprend plus un mot d'anglais.
La population locale vit de petits boulots dans les nombreuses centrales électriques de la région ou trime pour récupérer du métal ça et là, racheté quelques sous par les ferrailleurs du coin.
Cette histoire raconte avant tout une incroyable histoire d'amitié sur fond de paysage social tourmenté. Une poésie très forte se dégage de certaines scènes et la fin du film est une vraie claque.



Le film porte le nom de son héroïne. Suzanne est le personnage qu'on va suivre, de ses 10 ans à ses années de trentenaire.
Le décor se plante avant tout dans la famille de Suzanne, car les autres personnages qui l'entourent sont tout aussi intéressants: le père, veuf, un vrai gentil qui veut bien faire et qui va se retrouver dépasser par les évènements, la soeur cadette ensuite, une fille qui vit intensément mais qui va devoir grandir plus vite que son âge.
Suzanne fait des choix dictés par une passion amoureuse et l'incroyable sensation de vie et de liberté qui transpire du film est extrêmement juste. On se sent grisé avec elle, on ressent l'urgence qui l'habite et sa façon d'être entièrement présente à chaque instant. On la comprend même lorsqu'elle prend des décisions très discutables qui transformeront aussi sa famille de manière radicale.
Le film se raconte avant tout par de très longues ellipses qu'il faut accepter sans frustration. Ce sont ces moments omis qui donnent sa force au récit et permettent à l'action de rester très serrée, simplement focalisée sur les personnages et leurs sentiments.
Un très beau film où j'ai découvert une Sara Forestier -que je n'apprécie pas trop d'ordinaire- plus que juste dans un type de rôle inédit pour elle.



Grosse déception!!
Je suis peut être passée à côté du film car je n'ai pas expérimenté tout ce que j'avais pu lire dans les critiques. Ce film a fait un tel boum au dernier Festival de Cannes où il a obtenu le Prix du meilleur Scénario, que je m'attendais à être secouée.
La construction du récit est intéressante: quatre portrait de personnages distincts les uns des autres sont présentés. On les découvre à un moment de leur vie où ils sont malmenés ou dans une situation difficile. Une fois le décor planté pour chacun, on assiste à l'accumulation d'évènements qui va les faire exploser et les pousser à la violence.
La critique de la société chinoise, de son économie et des ses clivages sociaux est clairement là en arrière plan. Malgré tout, à travers mes yeux d'européenne, je ne peux m'empêcher de trouver exagéré son interdiction de diffusion dans son pays.
Car le film n'est ni très violent -je m'étais attendue à un bain de sang à la lecture des critiques- ni très subversif. Ce constat est pour le moins inquiétant et prouve à quel point la censure est sévère en Chine.
En ce qui concerne le cinéma pur maintenant, je trouve le film un peu poussif. Il est long -plus de deux heures...- et le rythme est parfois assez fragmenté.
Le gros point faible reste que j'ai eu du mal à ressentir de l'empathie pour les personnages qui restent très "froids", très lointains malgré tout. Sur ce point, je ne crois pas que la question de différence culturelle puisse tout expliquer...
Le cinéaste a voulu s'essayer à des petits films de genre à l'intérieur du récit: chaque portrait est l'occasion de revisiter des classiques tels que le western ou le film d'action version kung-fu. J'ai trouvé ce traitement parfois un peu grossier et certaines scènes, carrément fausses.

J'ai vu un spectacle


It's going to get worse and worse and worse, my friend de la danseuse et chorégraphe Lisbeth Gruwez.
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été aussi enthousiaste à la sortie d'un spectacle!
Il s'agit d'un solo hyper essoré, avec juste la bonne dose de tout. Lisbeth Gruwez est partie des textes de discours d'hommes d'influence, ceux de dictateurs ou d'un célèbre télévangéliste ultra-conservateur américain.
L'aspect politique et de propagande s'impose rapidement à nous, même si cette sensation est plutôt à considérer comme une deuxième vague qui viendrait recouvrir l'atmosphère de manière uniforme.
La chorégraphe a d'abord choisi de travailler sur l'idée de charisme, du pouvoir des mots associés à une capacité à convaincre, à amener l'audience dans une transe. Et c'est là qu'apparaissent en transparence les signes de puissance et de violence.
Ce qui est génial, c'est que Lisbeth Gruwez parvient aussi à donner quelque chose d'extrêmement humain et touchant. On est parfois très ému par les expressions de son visage ou par certaines postures du corps.
La chorégraphie est extrêmement riche et exécutée avec une précision bluffante. Le choix d'une gestuelle aiguisée, énergique et rapide s'avère vraiment juste et parfaitement lisible.
La danse travaille en collaboration avec la musique, puisque sur scène, les mouvements déclenchent des séries de mots qui permettent de former des phrases extraites de discours de propagande. Qui suit qui ici, la symbiose entre mouvement et son est telle que le résultat est magique.
Je retiens la présence magnétique de l'interprète qui se construit un vrai personnage grâce au costume et à la coiffure: tout est sous contrôle pour créer une figure sans identité mais qui nous ramène en même temps à plein d'images historiques. Très fort.
 

1 commentaire:

  1. Et bien quelle semaine....
    J'ai eu la chance de voir Le Géant Égoïste. Magistral.
    Les anglais ont une propension à faire du cinéma social de qualité comme personne, si ce n'est parfois les Belges. Les belges ont cette même capacité à traiter du social dans leur danse contemporaine. Enfin je crois.

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